Une façon différente de créer son entreprise
Petit historique
En 2005 , on m'avait demandé d'animer un espace de démonstration des métiers de la pierre au sein d'un musée. J'avais soit la possibilité d'adhérer à une association qui me rémunérait soit je créais mon entreprise.J'ai donc tenté l'aventure sous le régime fiscal de la micro-entreprise. A l'époque le statut d'auto-entrepreneur n'existait pas.
Autant le dire tout de suite: ce fut une catastrophe administrative! Mon enregistrement ayant été mal fait, je me retrouvais, au bout de quatre ans, à devoir apurer un passif sur mes cotisations alors que je n'avais pas de réserve. Bref, financièrement je me retrouvais au plus bas.
J'ai alors rencontré un artisan luthier qui m'a parlé de son statut d'entrepreneur-salarié au sein d'une Coopérative d'Activité et d'Emploi.Il était installé à son propre compte mais était salarié ce qui lui permettait de mieux supporter les baisses d'activité, de plus (et surtout !) il n'avait pas à s'occuper de la partie administrative et comptable qui est chez la plupart des artisans la véritable bête noire.
Je suis allé à une rencontre organisée par cette coopérative pour me faire ma propre opinion. Puis après avoir laissé les choses mûrir, je décidais en 2010 de m'affilier à cette coopérative.
En raison de l'ancienneté de mon activité, je me faisais rapidement un salaire et passais du statut d'entrepreneur en accompagnement à entrepreneur salarié sous Contrat à Durée Indéterminée.Mais surtout, je me retrouvais au sein d'un réseau de personnes partageant mes valeurs, certaines sont devenus des amis. J'avais la motivation de participer à une aventure commune en raison du statut coopératif et des réunions où nous nous impliquions dans un projet collectif. Je participais à des ateliers m'initiant à mon métier d'entrepreneur et au monde de la coopérative.
Enfin mon activité évoluant positivement, je parvenais à supporter les sorties d'argent liées à ce statut particulier.
En 2011, j'ai la possibilité de suivre une formation professionnelle de sculpteur pendant un an: l'aventure avec la coopérative s'interromp provisoirement.En 2012, je resigne, nouveau boom d'activité, nouveau CDI. Hélas, en fin d'année, la coopérative coule et laisse un grand vide dans la région. Dans le cœur de ses salariés c'est le désarroi le plus complet.
Il ne reste alors pas beaucoup de solutions. Tout arrêter et revenir dans des schémas classiques ou bien continuer avec une autre coopérative tout en ayant été échaudé par l'expérience d'un licenciement économique.
J'entends parler de l'existence d'une coopérative dans la Meuse: Elycoop. La personne que j'ai au bout du fil connaît notre situation et n'insiste pas. Tant mieux! Là aussi, je prends mes renseignements : auto-entrepreneur, ça signifiait pour moi un retour à la case départ. Le fait de me retrouver de nouveau seul alors que la principale valeur de mon activité est le partage me semblait insupportable.
Une rencontre avec la personne d'Elycoop achève de me convaincre alors que les conditions d'admission et de maintien dans cette coopérative sont plus draconiennes que dans la coopérative précédente.
Mais là aussi, les qualités humaines d'accueil, d'écoute et d'entraide que possède cette personne et qui sont propre à ce milieu font vraiment toute la différence par rapport au secteur économique classique. Et même si ce n'est pas le "Pays des Bisounours" (comme disent souvent certains avec toute leur morgue), ça donne malgré tout envie de continuer l'aventure.